Accueil » Santé » Reports de soins : une bombe à retardement

Reports de soins : une bombe à retardement

La pandémie de Covid-19 a, dès la diffusion du virus en France en mars 2020, eu une influence sur les soins, notamment des malades chroniques, des malades du cancer et des personnes en attente de diagnostic. Ces reports de soins et d’opérations constituent, pour les soignants, une véritable bombe à retardement.


Pour ne pas surcharger le système de soins déjà en peine ou pour ne pas être contaminés par le Covid-19, de nombreux patients
atteints de maladie chronique (une personne sur cinq selon une étude néerlandaise) ont interrompu leur traitement.
Pour laisser la place et les médicaments aux malades graves du Covid-19, de nombreuses opérations ont été reportées. Les effets de ces reports ont été étudiés dès la fin du premier confinement. Et ils ne sont pas sans conséquences.

Des retards de dépistage et des opérations annulées…
L’Institut national du cancer a enregistré en 2020 une baisse conséquente des dépistages des cancers du sein, du colon ou encore de la prostate. Idem pour les dépistages du VIH ou d’autres IST. Le risque étant de s’exposer à un diagnostic tardif et donc à une aggravation de la maladie.
Parallèlement, les chirurgiens estiment qu’un million d’interventions “non urgentes” ont été déprogrammées, mettant en lumière le manque de moyens matériel et humain de l’hôpital public.
En novembre 2021, l’ARS d’Auvergne-Rhône Alpes a demandé à tous les hôpitaux du territoire d’activer leur plan blanc, un dispositif d’urgence qui permet de définir leur fonctionnement en situation de crise.

… aux conséquences graves
Un arrêt brutal des traitements ou une attente prolongée de diagnostic sont délétères pour la santé des patients. En septembre 2020, l’Institut Gustave-Roussy a rendu publique une étude portant sur les personnes atteintes du cancer. À
cause des reports de soins et de diagnostics, l’institut estime que la première vague de Covid engendrera d’ici 5 ans une surmortalité de 2 à
5 %. Aux risques d’aggravation des maladies s’ajoutent les risques psychologiques, à cause notamment de la peur et de la solitude, qui peuvent avoir un réel impact sur la santé physique.
Pour le président de Mutuale Pierre Zilber, «on a un hôpital qui ne correspond pas à l’état de santé de la population. Qui dit report de soins pour des raisons de fonctionnement dit dégradation de l’état de santé des patients, avec des soins et des thérapeutiques
supplémentaires pour pallier l’aggravation. C’est le serpent qui se mord la queue! ».

Source « Bonne Santé Mutualiste » – Avril 2022 (Tarik MASTOUR)